Journal:pietro:1221janvier
Un article de DracoMaris.
Extrait du journal de Pietro Monteverdi, Quaesitor Guernicus
Jeudi 07 janvier 1221
La souffrance est atroce... Cette nuit a probablement été la plus terrible de mon existence... Osciller ainsi entre la vie et le trépas, la douleur aiguë et la douce torpeur de la mort, est un supplice... Heureusement que Faril et Laura étaient là, sans quoi j'aurais servi de repas au démon. Ou pire encore. C'est étrange comme l'affaire qui nous a amené ici est similaire en de nombreux points à celle qui nous avait occupé lors de notre premier voyage de Stonehenge à Draco Maris : un cadavre de jeune fille, retrouvé par hasard, dans un triste état, la peau lacérée, une traque, un démon à l'aspect de tueur... Quel dommage que Sire Marc n'ait pas été des nôtres cette fois ! Et pourtant, si je ne peux blâmer le chevalier, j'en veux à Goetlieb : qu'il joue, dorme, boive ou mange quand bon lui semble, peu me chaux. Par contre, jamais il ne doit oublier d'où il vient et pourquoi il est là. Ma blessure sera sa cicatrice. J'entends bien lui faire comprendre que ma mort sera la sienne.
Vendredi 08 janvier 1221
Laura est repassée ce matin pour me prodiguer des soins. Dire que j'ai pu douter d'elle... Cela m'apprendra une fois encore à juger trop vite les gens qui m'entourent... Selon elle, mes jours ne sont plus en danger. Je suis bien heureux de l'apprendre, même si pour ma part j'ai l'impression que chaque seconde sera la dernière, tant la douleur est vive. Avec le recule, aussi petit soit-il, j'ai quelque peu honte de notre comportement : nous avons été supplanté intellectuellement par un démon, une créature de la nuit ! Il aurait été tellement plus malin de mettre en place un piège aux alentours du cimetière et attendre que la bête ne revienne accomplir sa sinistre besogne. Au final, nous nous sommes faits attaquer, la bête est parvenue à s'enfuir et, si j'en crois les chuchotements de la femme de l'aubergiste, Faril n'aurait pas été suffisamment discret lors de l'utilisation de son Don. Bah, étant donné que je dois la vie au brave homme, je ne pense pas que je lui causerai le moindre souci... Pour en avoir discuté avec Goetlieb et Faril, ils attendront à nouveau ce soir pour surprendre la bête. De toute évidence, me croyant mort et ignorant tout de la présence de Goetlieb, elle ne risque pas d'être trop sur ses gardes. Du moins, je l'espère. Dormir maintenant. Il faut. Don Zaccharino, veillez sur moi.


