Journal:pietro:1220mars

Un article de DracoMaris.

Sommaire

Extrait du journal de Pietro Monteverdi, Quaesitor Guernicus

Vendredi 01 mars 1220

Si la traque a duré longtemps, on ne peut en dire autant du jugement : en l'espace de quelques heures, le fuyard était jugé, comdamné et executé, nouvelle preuve, si besoin en était, de l'efficacité du système judiciaire de notre Ordre. Peu de temps après le procès, j'ai été guidé en compagnie d'autres apprentis dans une grotte plus petite, mais tout aussi somptueuse. A l'issu d'une cérémonie hautement sollenelle, nous avons tous été accepté au rang de mage et les liens qui nous liaient à nos parentes ont été coupés. Nous n'étions pas encore sorti de la grotte, que déjà un bonnet rouge (dont j'ai appris plus tard qu'il se prénommait Perceval) nous accostait, cherchant maladroitement à nous convaincre de lui suivre en Cournouaille afin de rencontrer le dernier survivant d'un convenent moribond (Note à soi : voir si l'on parvient à en savoir d'avantage sur cette histoire et sur les raisons de cet abandon). N'ayant à l'heure actuelle d'autres projets, nous avons accepté l'offre et prévoyons de nous mettren en route deux jours plus tard.

Dimanche 03 mars 1220

Quelle fine équipe nous avions là ! Un mage, visiblement nordique, timide au point que j'ignore encore son nom après une journée de voyage, un deuxième, bossu et repoussant, accompagné d'un "ami" à l'air peu recommendable, mon cher Goetlieb, toujours aussi volontaire, et moi-même. Espérons que nous apprendrons à nous connaître au fur et à mesure des miles... (Note à soi : surveiller de très prêt celui qui se nomme Waris. Son irrévérance frôle parfois la rébellion.)

Lundi 11 mars 1220

Nous sommes perdus. En plus d'une semaine de voyage, c'est la première fois que Perceval, d'ordinaire si sûr quant à la route à suivre, admet qu'il ne sait plus où nous sommes... Au moment où j'écris ces lignes, mes compagnons sont en train de préparer le camp. La perspective de dormir dans le froid ne nous enchante guère, mais mieux vaut cela que de marcher toute la nuit dans la brume et les marais.

Mardi 12 mars 1220, matin

Mes Aïeux ! Il s'est passé quelque chose pendant la nuit : Goetlieb dit avoir vu une apparition, une femme tout de blanc vêtu, visiblement une paysanne, lui indiquer d'un geste la position de son propre cadavre. Il ne nous a fallu que quelques minutes pour déterrer le corps atrocement mutilé de la jeune femme. On lui avait visiblement arraché la peau avec une précision chirurgicale... Ce n'est qu'au matin que nous avons trouvé non loin de là une pierre maculée de sang et que Warris, usant d'un sort nécromantique, a réussi à en apprendre un peu plus sur la victime. Visiblement, son seul souhait était d'être enterrée en terre consacrée. Pourquoi pas ? Goetlieb est en ce moment même en train de la charger sur la mule, nous trouverons bien ce prieuré dont elle nous a parlé.

Mardi 12 mars 1220, midi

Cette histoire est de toute évidence plus complexe qu'il n'y paraît. Alors que nous allions quitter les moines et reprendre notre route pour la Cournouaille, deux chevaliers ont fait irruption, amenant avec eux une jeune noble, fille du Baron local, victime d'une agression. Ils l'auraient protégé, selon eux, de l'attaque d'une jeune femme nue... Cette affaire aurait-elle un rapport avec le meurtre de la paysanne ? Soyons pragmatique : il se déroule dans la région une sombre histoire qui impliquerait un Baron. N'y aurait-il pas moyen d'en tirer profit ?

Mardi 12 mars 1220, soir

Eh bien, si c'est là la vie d'un mage, je doute parvenir à ramener ne serait-ce qu'un écu dans la Lagune ! C'est un miracle que nous soyons encore tous en vie ce soir... Nous étions pourtant confiants sur la route qui menait au château du Baron. Contrairement à ce que l'on avait d'abord crû, il y avait bel et bien eu des "témoins" de l'aggression de la jeune fille : deux corneilles, attirées par l'odeur de charogne, avaient assisté à la scène et tout lassait à penser que l'on avait affaire à un vulgaire démon, rien qui puisse effrayer 3 mages. Et ce n'était pas la brusque apparition d'un menestrel prénommé Robin, entièrement nu et brandissant sa mandoline de manière menaçante qui allait nous poser problème...

Et puis il y avait eu cette rencontre à mi-chemin, ces deux chevaliers que nous avions croisé ce matin : la fille du Baron avait été kidnappée pour de bon cette fois ! Les imbéciles cherchaient une piste, mais ils galoppaient tellement vite qu'ils auraient manqué leur propre mère sur le bord de la piste ! Du coup, après moins de 20 minutes de recherches, Warris était parvenu à retrouver des traces s'enfonçant dans la forêt... Elles nous avaient mené à des ruines et à ce qui semblait être une ancienne chapelle, abandonnée depuis bien longtemps. L'air respirait la mort et c'est sans surprise que nous avons fait deux découvertes bien macabres : le corps sans peau de la jeune fille du Baron ainsi qu'un tombeau dont "quelque chose" s'était visiblement extrait il y a peu. Sous la tombe, une plaque de marbre gravée de quelques mots dans une langue ancienne nous expliquant comment l'ancien occupant avait été défait il y a longtemps par l'un des ancêtres du Baron actuel. Inutile de chercher plus loin, les habitants du château courraient un grave danger !

Il ne nous a pas fallu plus d'une heure pour rejoindre la forteresse et moins de 10 minutes plus tard, nous étions tout trois alignés devant le maître des lieux. Quelle erreur, quelle imprudence, n'avions-nous pas commis là ! Comment, nous, 3 jeunes voyageurs essouflés et poussiéreux, pouvions-nous raisonnablement espérer convaincre un homme de la noblesse que sa fille chérie était en réalité une goule avide de vengeance venue pour l'occire ? A ses yeux, son enfant s'était echappée et avait rejoint son père toute seule... Notre fougue aurait pu nous coûter très cher si Warris n'avait usé de ses dons pour effacer les dernières minutes de la discussion de l'esprit de notre hôte (note à soi : vérifier si l'utilisation d'un sort visant à faire oublier qu'on l'a utilisé va à l'encontre du Code...). Décidemment, il allait falloir attendre encore un peu.

Une occasion se présenta peu après le banquet, lorsque les convives, un brin émechés, se mirent en tête de danser. Soyons logiques : personne, excepté nous trois, ne connaissait la vraie nature de cette jeune femme. De toute évidence, il nous était impossible de la révéler. Qu'à cela ne tienne, pourquoi ne pas lui en fabriquer une ? Mettant à profit mes talents de courtisan, je pu obtenir une danse et dès lors, un vulgaire Muto Imaginem suffit à montrer au monde ce que la goule avait jusque là si bien caché. Panique, cris, évanouissements, c'est dans la cohue la plus totale que nous avons accompagné le Baron et "sa fille" dans leur chambre, espérant bien pouvoir profiter d'un moment de calme pour confondre le démon. Dieu merci, nous n'eûmes pas à user de tortueux artifices puisque c'est également le moment que choisit la goule pour fondre sur le Baron ! Je ne crois pas que je pourrai un jour oublier ce visage, débarassé de toute magie, la peau pendante... et cette odeur... et ces yeux... Quoi qu'il en soit, nous n'étions pas prêt à combattre cette bête et, nos compagnons absents (ô Goetlieb, comme je vois maintenant à quel point tu m'es précieux !), nous semblions promis à une mort atroce sous ses coups de griffes. C'était sans compter Sir Marc qui, de toute évidence transcendé par la peur, porta au démon une coup d'une incroyable violence qui lui fit voler la tête en éclat ! J'avoue d'ailleurs n'avoir jamais vu homme se battre avec tant de force !

A l'heure qu'il est, le Baron semble être hors de danger, et cela grâce à notre prompte intervention. C'est un bon point qu'il vive encore; sans cela, nos efforts se seraient révélés sans doute inutiles. Mais il se fait tard, le fait de coucher sur le papier le récit de cette journée a calmé mon coeur et mon âme et je sens le sommeil s'emparer de moi. Nous verrons bien demain de quelle manière nous pourrons mettre à profit nos nouvelles relations avec le Baron...



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